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Biographie de Jean-Pierre Chabrol

Sortie au Éditions Helvetius en mai 2021 - Écrit par Christian Langeois


L’association Terroirs ayant pour but de fixer la mémoire locale ne pouvait que s’intéresser à l’un de ses habitants, personnalité bien connue dans les années 1980.

C'est pourquoi nous vous signalons la sortie en mai 2021 de cette biographie de Jean-Pierre Chabrol écrit par Christian Langeois aux éditions Helvetius.

Avec une biographie et un sujet comme cela on peut s'attendre à une manifestation sur Saint Cyr avec présentation et dédicace.
Chabrol fut St Cyrien pendant près de 15 ans !

Qu’ils l’aient lu ou non, nombreux sont ceux qui gardent aujourd’hui de Jean-Pierre Chabrol, l’écho d’une voix : celle du conteur, de l’homme de radio et de télévision. La silhouette généreuse du barbu, fumant la pipe au coin d’un feu de cheminée, vêtu de la chemise de bucheron et du pantalon en velours côtelé de rigueur, reste dans les mémoires.

Reconnue , populaire quatre décennies durant, son œuvre est impressionnante : des centaines d’articles, des dessins et caricatures de presse, trente - sept livres, des pièces de théâtre, des émissions de radio et de télévision puis une longue tournée de spectacles comme conteur. On pourrait dès lors en faire un touche-à-tout mais si cette somme établit la souplesse, la pluralité, la prodigalité d’une œuvre qui ne se laisse pas ranger sans résistance, elle n’en reste pas moins cohérente par le ton, le souffle de l’auteur et par ses engagements.

Pour la construire, il a fallu au khâgneux de Louis-le-Grand s’arracher littéralement des bras de sa mère pour rejoindre le maquis et ceux, ouvriers, mineurs, jurant dans toutes les langues, déguenillés, affamés, armés de bric et de broc, qui deviendront ceux qu’il appellera « les miens ». Une nouvelle famille, comme celle de Noëlle, sa fière épouse corse, résistante, déportée,. Et celle du journal l’Humanité, du parti communiste, dont pourtant il lui faudra, se dépouillant de certaines certitudes, s’écarter en 1956.

Dès lors il n’aura de cesse de regarder, observer, écouter, lire et rechercher, puis d’imaginer des histoires à partir de tous ces éléments concrets. C’est ainsi qu’il raconte avec émotion les Camisards, les Rebelles de tout acabit, les Petits, les Laborieux, la Piétaille. Ses décors, ce sont sa Cévenne bien sûr, et les guerres, les luttes, qu’elles soient celles de la ferme contre le château, de la mine, dans la vigne, au maquis. Mais c’est aussi l’Armée de Lattre, la guerre d’Indochine, le Saint Germain - des - Près de la Libération. Puis viendront Paris et sa banlieue dans les années 50, la Commune de Paris, le Parti communiste des années de la Guerre froide ses Bouts du monde.

Sa détermination à vouloir que par le biais de la fiction, les lieux de l’enfance, puis du monde des années 50-60 sortent du silence,et que les « sans voix » de toutes époques ne demeurent pas dans l’oubli, son souci de les évoquer et de les penser à hauteur d’homme constitue un trait original, peut-être même l’unité de son oeuvre.

Et pour l’épauler, la vie va lui offrir, généreuse, des rencontres décisives . Entre Georges Brassens et Louis Aragon, Yves Montand et Jean Ferrat, Pierre Mac-Orlan et André Chamson, le chanteur occitan Claude Marti et le mineur cévenol Francis Iffernet, il ne reniera jamais ses expériences fondatrices et leurs enseignements. Autant d’amitiés, d’éclats de rire, de combats fraternels, d’émissions de radio ou de télévision devenues mémorables et parfois scandaleuses telle celle de mars 1969, où il conduit le face à face Brassens-Ferrat au cours duquel son ami interprète de « la Montagne » écope d’une interdiction de télévision.

Sa connaissance intime des Cévennes va faire de lui, dès les années 60, aux côtés de Claudine sa nouvelle épouse, un défenseur de ce qu’on ne nomme pas encore la ruralité, ce qui a pu lui apporter le privilège ou la malédiction d’être catalogué d’auteur cévenol. Ce qu’il réfutera énergiquement, même si le village de Chamborigaud, sa Cévenne semblent parfois tout droit sortir d’un livre de Jean-Pierre Chabrol.

Très rapidement son éloquence populaire et parfois enflammée, sa parole fleurie, son parler fort, voire très fort lui ont paru le meilleur moyen d’être entendu. Si l’introspection ne semble pas être vraiment sa priorité, il cultive toutefois une lucidité sur lui-même qui ne faillira pas.

Il m’a fallu pour saisir Jean-Pierre Chabrol tel qu’en lui-même, aborder bien évidemment son œuvre écrite et orale, là où il semble en effet parler de sa famille, de ses amis, de ses camarades, mais j’ai surtout dû tenter de tricoter ou détricoter dans l’œuvre de fiction ce qui relève au plus près du vrai. Cette familiarité avec l’œuvre a ouvert des pistes, largement complétées, parfois contredites par l’accès à des archives inédites, grâce aussi à la confiance de ses proches et par la rencontre de pas moins de 34 témoins.

Cette recherche tente donc d’apporter les éclairages nécessaires à la découverte, non de la vie, mais des vies passionnantes de cet auteur populaire, pour en établir la première biographie intellectuelle de référence.

L’image lissée d’un Chabrol disert, à la voix chaleureuse qui fleure le terroir, mais aussi furibard, à la vie mouvementée, laisse ainsi deviner en filigrane les interrogations, les contradictions de l’homme qu’il fut et dont il a su faire une œuvre.

Christian Langeois

Vous pouvez pré-commander ce livre ici : Editions Helvetius

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